CONGES D'ETE
18/06/2009 22:45 par Libelle
Je regarde le vent
Bousculer les pétales
D’ennui,
Sur le ciel de ma vie
Tombent en rafales
Des restes de printemps
D’oubli.
Je regarde le temps
A la mine si pâle
Ternie
Mouiller mes sandales
Sur l’herbe fraichie
Angoisse d’automne
Bondit.
Quelle est cette saison
Où l’été s’est enfui ?
Les murs de la maison
Sont déjà assombris.
Hier, Juin gambadait
Ivre d’insouciance
Nous voilà prisonniers
De sa folle inconstance.
Les jardins, désertés
Se figent de tristesse
Même le cerisier
Dont les branches s’affaissent
Semble exténué
Où sont les pies, les tourterelles
Merles siffleurs et demoiselles
Moineaux jolis, et hirondelles ?
Nul ne s’agite, aujourd’hui
Hormis ma peine, qui sévit.
Va-t’en ! Va-t’en la pluie !
Toi qui partout t’invites
Et qui baignes de gris
Les belles clématites
Aux corolles flétries.
Je regarde le vent
Déchirer les pétales
Jaunis,
Sur mon cœur affaibli
Tombent en rafales
Des images de printemps
Réussis…
[Pas possible qu'on soit en Juin... c'est l'horreur dehors !
Encore un jour de peine, encore un jour mort ]
Au PAS DU LAC
Il est parti
Faire les cents pas
Sans moi,
Pas question que je craque
Il n’aimerait pas ça !
Au PAS DU LAC
De l’autre côté de la voie
De loin, ma pensée le traque
Au point d’en perdre la voix.
Au PAS DU LAC
Songe t-il à nos regards brûlants ?
De défense ou d’attaque
Au champ d’amour, mourants.
Au PAS DU LAC
Suis-je blottie dans sa mémoire ?
Image frêle que le chagrin matraque
Quand pèse la tombée du soir.
Au PAS DU LAC
Serait-ce un peu le paradis ?
Ici, les souvenirs me saquent
Et tous mes jours sont maudits !
Au PAS DU LAC
A son bureau, je le devine
Ici, le chagrin me plaque
Comme son crayon, j’ai plus de mine.
Au PAS DU LAC
Cachée dans son armoire et ses hamacs
Sait-il seulement que je survis ?
Non ! Je ne veux pas qu’il m’oublie !
Au PAS DU LAC
L'ennui me met des claques
Ô trait d’union dans ma folie !
Entre Enfer et Paradis !
Dis l'amour, était-ce une arnaque ?
A chaque fois qu'il m'a souri
Mes yeux faisaient des flaques
Au cachot de mes envies.
Au PAS DU LAC
Il est parti
Cupidon, range ton arc !
Mon cœur est tout transi...
Ce soir soudain, envie de vous
Revoir,
Frissons brûlants sur mon corps fou
D’espoir,
La nuit se tait, où êtes-vous ?
Si tard,
Ce soir soudain, envie de vous
Savoir,
Le regard bleu, sourire doux
Bavard.
L’été s’en fout, le voyez-vous ?
Il part !
Me laissant là, dans un remous
Sans phare,
Le sable chaud me dit souvent
Mémoire,
Trace de pas et sur le banc
M’asseoir,
Où je vous vois, vêtu de blanc
Et noir.
Ce soir soudain, envie de votre
Histoire,
Je n’ai dit mot de cette faim
Bizarre !
Image floue, main dans la main,
Départ,
Douleur amère, pluie sur mes joues
Sans fard,
Silence lourd, seul goéland
Criard.
Ce soir soudain, envie de Nous
Trop tard !
Ces jours parfums, pommes de pin
Cafard,
Ces nuits sans fin, ô cieux éteints !
Bernard !
Il y a longtemps que je sème
De ci, de là, au gré du vent
Graines d’amour, aurores blêmes
Qui se meurent dès le printemps.
Giboulées d’autan, déveines !
Songes déchus s’évanouissant.
Il y a longtemps que je traîne
Mon corps en longs haillons gris blancs
Souffles d’amour à perdre haleine
Ô nuages évaporants !
Giboulées de chants, de peines
Secrets enfouis, incandescents !
Il y a longtemps que je n’aime
Que les matins éblouissants
Pourtant ma vie se parsème
De fleurs d’oubli, de fleurs de sang.
Quand sur le dur chemin s’attardent
De lourds chagrins, si imposants
Se délave, toile blafarde
L’étoffe fripée de mes ans.
Rêves de miel au firmament
Glauques sirops déliquescents
Il y a longtemps que je saigne
Des pleurs d’oubli, des peurs d’enfant. !
Mais voilà qu'aujourd’hui…
A la Claire Fontaine
Coulent des flots troublants,
Ton regard bleu, si indulgent
Tes mots si doux, auréolants
Ivre d'émois, qu'il est grisant
Ce tout nouveau commencement !
Y-a-t’il longtemps que je t’aime ?
Ô grand mystère au firmament !
Pluie d'orage en ce jour, qui tombe sur mes terres
Quand vos mots attendus sillonnent mes jachères
Je médite sans cesse, le dos au mur du temps
Ils restent à moi seule, ces magiques instants,
D'errance nécessaire
De souffle salutaire
Vous êtes convaincant
Mais...
C'est...
La vie en mouvement
S'arrête-t-elle vraiment ?
Inéluctable !
Pluie d’amour en ce jour, qui tombe et m’atterre
Quand mes mots décousus s’alignent en chimères
J’imagine vos mains franchir le mur du temps
Pour me rejoindre enfin, l’espace d’un semblant.
D’errance salutaire
De souffle nécessaire
Vous êtes attachant
Mais…
C’est…
Que nous allons, marchant
Vers des sables mouvants
Inévitable !
Oui, l’orage sait bien que la terre l’attend
Pour se baigner de lui, averse de printemps
C’est à peine s’il gronde, il sait qu’elle l’entend
Qu’elle boit chaque goutte d’un nectar vivifiant.
Mais d’où venez-vous, dîtes ?
D’un paradis perdu ?
Quand moi je ne sais plus
Comment l’espoir s’invite.
Mais, où courons nous, dîtes ?
Et pour combien de temps ?
Pourquoi cette poursuite
Sur les chevaux du vent ?
Arrachez moi ce coeur, qu'il ne souffre plus,
Arrachez moi ce coeur, qu'il n'aime jamais plus,
Et qu'un autre, sans tendresse, qui plus ne larmoie
Se glisse enfin sous ma peau, tout au fond de moi.
Un coeur de pierre, résistant aux séismes
Aux foudres du temps, aux plus grands cataclysmes
Téméraire, audacieux même au bord du précipice
Qui se relève glorieux, et sans cicatrice.
Arrachez moi ce coeur, on le met en lambeaux
Quand je l'offre au bonheur, il fait le gros dos
Arrachez moi ce coeur, pour qu'il n'ait plus de peine
Insensible et froid, qu'il se glace de haine.
Arrache moi le coeur, ô toi que tant j'aime
Jette le aux corbeaux pour un joyeux festin
Inutile trophée d'un combat plus que vain
Arrache moi le coeur, concluons ce dilemme !
Tandis qu'au ciel les nuages lentement creusent
Une carrières de nacre aux poussières vaporeuses
Je sais bien que ce coeur hors de moi arraché,
Continuera de battre pour toi, et dans l'infinité.
Je nous aime, pardon !
Plus question de raison
Elle a déjà sombré
Dans ce raz-de-marée.
Je nous aime, mais oui !
Ce n’est pas un défi
Quand les heures se figent
Au cachot des vertiges.
Je nous aime, c’est fou !
Et nos saisons, décalées,
Me laissent à vos genoux
Sans jamais vous implorer.
Je nous aime, j’aime vos yeux
Quand je m’égare au paradis perdu
Des émotions promises au feu
Qui les consume, malvenues.
Oh ! Je nous aime, et je sais !
Que l’enfer guette les damnés
Coupables d’aimer, à contre-sens
Au mépris de leurs cuisantes souffrances.
Je nous aime, à qui la faute ?
C’est arrivé, ainsi, un beau matin
Un beau matin, tout comme un autre
Et depuis, lutter me semble vain.
Je nous aime, mais le savez-vous ?
Quand le ciel bleu devient si flou
Et que j’entends votre cœur, soupirant,
Battre pour Elle, et votre Enfant.
Je nous aime, là, sous le cerisier en fleurs
Eclatant de pompons cotonneux
Je nous aime, pour mon réel malheur
Car votre vie est déjà Deux.
Je nous aime, je ne sais pas pourquoi !
Et je vous aime, depuis des mois !
Je nous aime, pardon, il me faudra guérir
Etouffer un à un, tous ces désirs
Retrouver la paix, maintenant, loin de vous
Je vous aime, adieu ! Oublions tout !
Puisque le destin s’en fout !