Vent de printemps
05/03/2009 11:58 par libelle
EElles étaient là, blotties,
Si amoureusement,
Deux primevères en mon jardin.
Toutes glacées, au froid vif du matin
Semblant murmurer quelque mot tendre
A qui voulait bien l'entendre
Silencieusement
Et s'arrêter en leur chemin.
Au cœur, le même soleil d’or…
Si belles. Et moi, genou en terre
Je m’inclinai devant leur sublime beauté
Irradiées par un faisceau de lumière
Leurs calices offerts aux colliers de rosée.
D’un jaune superbe, d’un jaune éblouissant
Elles frissonnaient dans l’herbe, tout en résistant au vent
Qui mordait si fort, de sa fougue rageuse
Leurs corolles ourlées de givre, fières et majestueuses.
Au cœur, le même soleil d’or…
Aucun autre trésor alentour sur la mousse émeraude
Quelque parcelle boueuse aux boutons d’engelures
Des promesses éparses, comme un bonheur qui rôde
L'avenir en gestation, au ventre de froidure.
Le regard embué et d’une main hésitante
Je me penchai sur elles, ô révérencieuse !
Leur offris un soupir d’une chaleur délicieuse
Quand je sentis soudain, mon agonie mourante...
Au cœur, enfin, un soleil d’or !
Je les regarde encore, du haut de la fenêtre
Sauras-tu jamais ce qu’alors ma pensée dénoua ?
En cette fin d’hiver, je délire, peut-être,
Mais j’y vois le symbole d’un amour renégat.
Le temps, s’il s’enfuit, jamais ne s’empare
Des tendres souvenirs dont il aime se gaver
Dans la forêt d'oubli, le spectre de notre histoire
Danse moqueur sur des refrains décomposés.
Mes pas s'éloignent au bout de l’émotion pure
Un peu ivres sous la magie de l'instant
Le faisceau de lumière s'éteint lentement
Puis en mon âme, se promène et perdure.
Quelle leçon de vie
Ces deux fleurs réunies
Amoureusement blotties
Telles deux Amants
Au cœur du printemps !
En mon cœur, depuis,le même soleil dort…
Je vivais à quelques pas d'ici
T'en souvient-il mon cœur engourdi ?
Dans cette maison aux murs si gris
Cette fenêtre bleue, qui donnait sur la vie.
Je courais dans le jardin d'enfance
Les poches toujours pleines de bonbons
Avec un appétit, oh ! Quand j'y pense !
Et mille jeux pétillants de frissons.
Et puis, je suis partie…
J'habitais à deux rues d'ici
T'en souvient-il mon cœur transi ?
Il cueillait pour toi des bouquets de tendresse
Promesses d'amour, qui résonnent sans cesse.
Je courais dans la prairie d'adolescence
Les poches pleines, de carnets de poèmes
Les fleurs de la passion, oh ! Quand j'y pense !
Le feu aux joues, à l'heure des théorèmes.
Et puis, je suis partie…
Nous vivions tout près d'ici
T'en souvient-il mon cœur meurtri ?
Dans cette impasse solitude
Mes nuits tremblaient d'incertitudes.
Ils couraient, dans leur jardin d'enfance
Les poches toujours pleines de bonbons
Et leurs éclats de rires, oh ! Quand j'y pense !
Dardaient mon ciel de mille rayons.
Et puis, il est parti…
Partir, toujours partir, et tout à refaire
A 10 ans, 16 ans, toute ma vie entière
A repriser la toile de l'immense déchirure
Compter mes pas, au chemin de cassure.
Je suis née si loin d'ici, sur ma terre d'Afrique
"Alma Mater", je suis si nostalgique
Pourquoi fallait-il que le destin sournois s'applique
A faire de mon histoire, une vaine supplique...
.
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Un baiser de feu
Sur ma joue si pâle
N'est ce pas l'ombre d'un jeu
Qui me pourrait faire mal ?
Sais-tu, cet aveu soudain
Sur tes lèvres murmuré
Et la douceur de ta main
Me font tout oublier…
Ta pensée, sans cesse
Aux détours de mon chemin
Tantôt me grise, tantôt me blesse
Te chasser semble vain,
Infiniment, tu reviens…
Quelle illusion rebelle
Menace mes nuits hivernales ?
Quelle chimère nouvelle
Nimbe mon horizon glacial ?
Près de toi, les frissons oubliés
Un à un brusquement se déchaînent
La faute à ce sage baiser
Et tout le désir qu'il traîne.
Engourdie, les yeux fermés sur l'avenir,
Ballottée sur l'océan du pire
Ta voix… que dire... ton sourire
M'ont arrachée, sans mot dire
Au bourbier de l'ennui
Pour en être éblouie.
Je marche là dans ta lumière
Dans un tourbillon hypnotique
Chaque jour, bêtement, j'espère
Un dénouement magique.
Au théâtre de ma vie
Viens me donner la réplique
Souffle moi les mots idylliques
Avant que je ne les oublie !
Le passé vient ce soir à l’assaut de mon cœur
Déploie tel un oiseau, ses grandes ailes d’or
Un parfum oublié s’échappe de l’amphore
Où se cachaient du temps mes stupides torpeurs.
A peine quelques mots
Un chagrin coule en flots
Vers les plaines d’antan
Où je courais, enfant …
Vous n’étiez chevalier
Point n’étais-je princesse !
Près de moi vous passiez
Insouciant de jeunesse.
L’heure n’était pas encore
Venue de nous connaître
Et maintenant, peut-être
Ô facétie du sort !
La déraison me gagne
Nos souvenirs communs
Bâtiront-ils un lien
Au pays de cocagne ?
Votre histoire m’appelle
Mais que sais-je de vous ?
Tant d’années entre nous
Quand moi, je retiens celle,
De ce dernier été
A jamais regretté
Qui m’emporta si loin
Quand se coiffaient les foins.
C’est vrai, j’étais une autre
Je vous voyais « nanti »
Et je marchais, apôtre,
Sur mon chemin de vie.
Un manteau de misère
Habillait mon destin
Vous sembliez si fier
Du talent plein les mains.
Ma mémoire s’éveille
Qu’écrirons nous demain ?
A vous lire s’émerveillent
Souvenirs Angériens.
Le présent vient ce soir, exorciser mon cœur
Referme tel un oiseau, ses belles ailes d’or
Un parfum retrouvé s’exhale de l’amphore
Où s’étire l’écho d’un infini bonheur…
Si tu venais prendre ma main un jour d'été
Soulagé des lourds fardeaux que tu as portés
Le regard tout empli d'espérance bleutée
Le cœur enrubanné de mille et un projets.
Si tu venais…
Les bocages mousseux que tu m'as contés
Qu'en songe, souvent, nous avons tant foulés
S'étendraient majestueusement à nos pieds
Du matin tendre, à la belle nuit étoilée.
Si tu voulais…
Les saisons nous diraient la richesse du temps
Plus peur de l'automne, dont tu ferais printemps
La pluie serait baiser brûlant sur ma peau, telle,
Qu'à ta source d'amour, j'irai blanchir dentelles.
Si tu osais…
Enlacés de vie, et nos deux corps implorants
Exilés de l'oubli, nos émois palpitants
Résonneraient enfin, par delà mers et monts
Vaincue serait la mort, dans nos âmes aux tréfonds.
Si tu venais…
Si tu venais un jour et frappais à ma porte
M'offrir tous ces mots doux qui autant réconfortent
Te suivrais-je ? Je ne sais , l'angoisse m'étreint
D'encore m'allonger sur un tapis de crin.
Si….
Mais tu ne viendras plus, ô virtuel amour !
Qui t'enfuis, éperdu, vers d'autres parcours
Impasse de l'oubli , boulevard de l'inconstance
Tu égrènes nos mots dans de nouvelles stances...
Dans ce matin brumeux, un voile se déchire
Ta pensée me saisit quand la lumière point
Le jour encore flou, en longs bandeaux s’étire
Traçant, au ciel nimbé, des vapeurs en chemins.
Ô ! quel rêve brûlant ! Au feu de ton sourire
L’empreinte de tes mains sur ma peau se promène
En frissons doucereux, éclats de souvenirs
Le parfum des années, toujours vers toi me mène.
Le parfum des années
Toujours vers toi me traîne...
Mais ta bouche ne dit tous les mots que j’inspire,
Qui s’endorment au bois des forêts décimées
Par les vents de l’oubli, de tempêtes en ires
Et je pleure ton nom, là, sur mon cœur plombé.
Ce temps maudit - pourquoi ? - nous couvre de brouillards.
Je le supplie en vain, du fond de ta mémoire
De n'être plus statue sur un socle d’espoir
Qui soudain prendrait vie sous ton aimant regard.
Qui prendrait vie soudain
Impasse de l'histoire…
<
Cupidon l'espiègle a réservé son carquois
Pour user sur moi de son adresse
Je n'avais pas un seul regard pour toi
et voilà que tu reviens sans cesse !
A peine ai-je eu le temps de comprendre
Sous l'assaut de la vague sublime
Tant de douceur, il fallait s'y attendre.
N'est-elle pas plus grisante l'ivresse réelle
D'un sourire éperdu qui caresse vos rimes
Loin des frissons trompeurs d'un élan virtuel ?
Tu es de ce rang qu'on appelle "noblesse"
Ceux qui, dit-on, de tout sont nantis
Mais je sens dans ton cœur, un soupçon de faiblesse
Et je m’égare dans tes yeux, aux couleurs de la nuit.
Ce trouble inquiétant, lorsque, soudain, tu approches
Mes certitudes, mes désirs, tout en moi s'effiloche
C’est la fièvre des mots, mon souffle se bloque
Au moindre son que ta douce voix évoque
Je suis là, devant toi, je perds violemment la tête
Ton image me cloue au carrefour d'une quête
Tu te promenais, hier, boulevard de l’inaccessible
Aujourd'hui dans ma rue, tu te sens invincible.
J'avais dans le coeur un vaisseau fantomatique
Qui glissait, incertain, dans les sphères tragiques
Je le vois qui s'éloigne, au creux des flots insoumis
Me laissant fugitive dans la forêt de l’oubli.
Je suis statue de pierre, et toi, tu es d'albâtre
A l'affût de ton regard, brûlant, que j'idolâtre
Je peux te guetter, pendant des heures entières
Pour te voir t'attendrir enfin, au bout de ma prière.
Cupidon, l'espiègle, s'est bien joué de moi
Face à toi, rien que d’autre que des maladresses
C'en est fait, partout, je ne vois plus que toi
Lézardés, les hauts remparts de ma forteresse...

« Comment allez-vous » ?
Pour trois mots, je m’enflamme
Scène I, d’un nouveau mélodrame
Roi de cœur, c’est à vous !
Qui êtes-vous ?
Vous qui me brûlez l’âme
Oui, déjà je me blâme
De trop rêver de nous.
D’où venez-vous ?
De ces plaines fertiles
Ou ces chemins de boue ?
Solitaire, indocile ?
Cet air, sur votre passage
Un infini redoux,
Que je guette au virage
D’un quotidien trop flou.
Quelques secondes à peine
Et c’est bien vous
Qui me rendez sereine
Poudre d’or sur les joues.
Ces instants si fugaces
Où j’ai faim de tout,
Tout chemin sur vos traces
Dans ce monde de fous.
Mes heures étaient vides
J’étais presque à genoux
Sur mes terres arides
Vous aventurerez-vous ?
« Comment allez vous ? »
Quelle importance, soudain
Dans ces trois mots de vous
Qui m’emportent si loin !
L’empreinte de votre main
Pour un « bonjour » si doux
M’annonce des lendemains
D’un tout nouveau goût.
Oui, ce rêve, j’avoue,
Me pousse en cavale
Vers des contrées idéales
Où nous ferions des jaloux.
Mais je ne sais rien de vous,
Votre vie vous convient-elle ?
Quelle étoile dans votre ciel ?
Une année s’est enfuie, et vous passez encore Naufragée...
Sur l’océan de vie, à bâbord, à tribord
Une année s’est enfuie,
Dans les vapeurs d’aurore
Vous repassez encore
Brodant de festons, l'oubli.
Telle une douceur amère
S’étire au ciel d’éther
Nuages d’interdit.
Quand vous posiez, hier
Sur les vagues en colère
Votre regard ébloui.
Que de vents, de marées
Pour seulement tenter
De ne pas sombrer !
Que de pluie, que de nuits
A repriser, sans bruit
Les filets de l’envie !
Une année s’est enfuie, vous souriez encore
De votre voix l’écho, est toujours aussi fort
Une année s’est enfuie
Mais se souvient mon corps
De votre arrivée au port
Sur le quai de mon ennui.
Telle une vive lumière
Déchire, d’un seul éclair,
L’horizon endormi
Et que jaillit, toute entière,
La conscience première
D’un bonheur en survie.
Que de vents, de marées,
Pour seulement tenter
De vous échapper !
Que d’efforts inouïs
Pour résister, sans bruit,
La tempête a sévi.
De vous, je suis,